LOCOMOTIV!: LOURD DE SENS

Posted in Articles 2009, Entrevues avec des tags , , , , , , , on 9 novembre 2009 by stefanecampbell

Locomotiv! : Lourd de sens

LOCOMOTIV!: Lour de Sens

Stéfane Campbell

Bang Bang, novembre 2009

Lourd et hypnotique, le rock du groupe Locomotiv! s’alloue tous les détours pour concocter sa signature farouche. Flirtant avec un canevas progressif très ouvert où s’érige une mosaïque d’ingrédients musicaux aussi disparates que le parcours de chacun des quatre musiciens qui s’y côtoient, le dénominateur commun pourrait en être la puissance de charge : corrosive et assumée au possible. Le chanteur et guitariste Jérôme Turgeon ainsi que le bassiste Dan Villeneuve discutent avec nous.

En gros, nous avons devant nous un groupe qui se paie la traite. Fatigués de jongler avec les contraintes qui ont entravé leurs historiques de musicien respectifs, voici quatre jeunes hommes qui, sous peine de suffoquer, se permettent d’aller dans tous les sens. Villeneuve : « Souvent, durant les premiers mois où on se retrouvait, on se faisait des jams interminables, on montait des tounes de quinze minutes. On se disait que ça n’avait pas d’allure. » C’est donc unanimement réunis sous prétexte de se permettre tous les excès que ces quatre gars affichant des CVs impressionnants (400 Lapins, Danny Twang, Ily Morgane, Le mieux de la mort, Raid ainsi que plusieurs autres) matérialisent peu à peu la Locomotiv! : « On a déjà travaillé avec plein d’autres bands avant. Et on perd trop souvent de vue l’objectif premier qui est tout simplement la musique. Si on fait ça, ça ne passe pas : ça devient plate », résume Turgeon.

Sorte d’hybride rock-stoner-progressif, Villeneuve se surprend même de constater qu’en spectacle, « il y a des matantes qui nous trouvent pas pires! » Un constat d’autant plus étonnant compte tenu de l’espace alloué à l’improvisation. Ce sur quoi Turgeon corrobore : « C’est un gros party qui évolue constamment » En mal de mettre en mots le genre défendu, le jeune homme s’amuse : « Je dis souvent que ça oscille entre Black Sabbath et Miles Davis, c’est la façon la plus juste que j’ai trouvé pour définir le spectre. Mais bon, c’est évident qu’il y a un côté Led Zep, stoner qui en ressort très fort. C’est une ligne directrice. »

Et voilà que de ce chaos aujourd’hui plus organisé nous arrive un premier album, Marche, qui témoigne d’une réelle courtepointe d’influences, comme se plaisent à le dire nos principaux intéressés. Bien évidemment, l’enveloppe se situe à des lunes de la surenchère d’effets de studio qui pollue trop souvent le paysage. : « On a tapé live avec des peaks dins’ micros. C’est un peu brun, ce n’est pas trop poli pis on aime ça comme ça. »

De beaucoup porté sur le visuel suggéré par les gammes, le groupe pousse la référence jusqu’à carrément inclure lors de ses perfos live des projections vidéo complètement hallucinées et tout aussi corrosives, gracieuseté de Maryse Latulipe. « Elle fait définitivement partie du band aujourd’hui. On trouvait qu’il y avait beaucoup d’images dans notre musique, ça n’était que logique d’y donner cette extension. Et ça va dans toutes les directions tout comme nous. Un collage d’ombres chinoises, d’archives trash, etc. Maryse est une bidouilleuse, elle ramasse une foule de détails et joue par la suite avec ces contrastes. »

Sans tomber dans le parallèle trop boiteux, disons tout de même que Locomotiv! est au rock local ce que l’abstraction est à l’art visuel. Villeneuve renchérit : « Il y a probablement quelque chose de la déconstruction. Si on réfère à l’art abstrait, ce serait moins du Jackson Pollock que du Borduas. Il y a quelque chose de plus épuré au niveau musical. Je trouve qu’on simplifie les structures pour arriver à trois-quatre riffs très intenses, très appuyés. On ne passe même plus par les formules couplet-refrain-couplet… Plus on va, plus c’est unifié comme son. »

Lancement au Cheval Blanc, le 9 novembre, 20h.

myspace.com/Locomotivmtl

PLACARD MACBETH – CD/DVD

Posted in Articles 2009, Critiques Disques avec des tags , on 9 novembre 2009 by stefanecampbell

PLACARD MACBETH – Placard Macbeth

CD/DVD

Indica Records

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Dany Placard sait s’amuser dans la vie. Et il le fait cette fois-ci en revisitant son répertoire qui couvre les époques Plywood 3/4, Hudon-Placard (avec Carl-Éric Hudon) ou encore ses deux albums solo. Le musicien fait du coup appel à son complice depuis plusieurs années, Toots Macbeth, et repique la sélection d’une touche qui se veut référentielle aux années 20 et 30. Sans chichi et enregistré live, Placard dépouille la proposition à son plus simple dénominateur et mise sur le cœur des morceaux judicieusement choisis (« « Char rouge », « Les mains dans l’huile », « Anna ») en s’accompagnant pour la cause du banjo ou dobro de Macbeth. Évidemment, ceux qui apprécient déjà l’homme y trouveront ici leur compte. Pas certain toutefois qu’il s’attire de nouveaux auditeurs. Le DVD qui bonifie l’objet – et comprend trois pièces qui ne sont pas sur le CD – ajoute somme toute bien peu à l’expérience proposant le clair du temps un plan fixe tournée en vidéo et auquel on a voulu ajouter une esthétique « party de famille » qui s’avère, au final, statique et dénué d’intérêt. Si ce n’est de nous donner envie d’aller constater la chose en personne. À prendre comme le trou normand entre deux plats.

PATRIK ET LES BRUTES: Trash-À-Go-Go

Posted in Articles 2009, Entrevues avec des tags , on 3 novembre 2009 by stefanecampbell

Patrik et les Brutes : Trash-à-go-go

PATRIK ET LES BRUTES: Trash-À-Go-Go

Bang Bang, novembre 09

Après six ans à cogiter et piocher ferme, Plastik Patrik nous présente enfin son nouveau projet : Patrik et les Brutes. Six années qui auront été nécessaires à tout mettre en place afin que le personnage androgyne juge le concept abouti. Ça et, forcément, le temps de trouver l’appui nécessaire pour soutenir la locomotive. Aujourd’hui fin prêt à prendre d’assaut les devants de la scène, l’homme et ses brutes nous présentent Toutes Les Filles Sont Folles De Moi, première galette qui impose un rock amphétaminé, bourrée de «handclaps» et sur lequel il devient très difficile de ne pas céder le pas. Genèse d’une bombe.

Plastik Académie

En 2000, c’est au sein des One976 que Plastik Patrik émoustille le public montréalais. Une expérience pour le moins probante sur le plan de l’apprentissage en mode accéléré : « One976 incarnait tous les clichés rock’n’roll. C’était comme les pires biographies qu’on peut lire : il y avait le junkie, la princesse, le trop jeune et moi qui jouait à la mère avec tout ça. Cela dit, ça faisait des bons shows. » En revanche, lorsque le musicien repense au rock garage somme tout assez bancale alors proféré, le constat se fait un brin moins glorieux : « Les tounes n’étaient finalement pas si bonnes que ça. Tout le monde voulait y mettre son grain de sel et ça donnait une espèce de pizza all dressed un peu indigeste. […] Et sans les pétards, les paillettes pis moi qui cours partout, c’était franchement ordinaire », dit-il avant d’éclater de rire.

Une fois l’aventure One976 conclue, en 2003, il se met à l’ébauche des grandes lignes de ce qui deviendra Patrik et les Brutes. Visant quelque chose de plus peaufiné et cohésif musicalement, il commence le recrutement : « Au départ, j’avais le complexe du gars trop organisé. J’étais préparé aux dents et j’avais peur que ça ait l’air d’un projet corporate. »

C’est tout de même bien loin du modèle boys-band de recrutement et plutôt en quelques clics de Myspace qu’il joint Ryan Battistuzzi afin que celui-ci prête une oreille au démo. Vite convaincu, le duo s’affaire donc à plancher sur quelques pièces avec lesquelles Patrik séduira éventuellement Sunny Duval (oui, notre Sunny) de même que certains membres de Vénus 3 (maintenant Killing Venus) qu’il avait dans sa mire depuis un moment. En 2007, tout est bouclé, ne reste qu’à trouver le label qui soutiendra le tout. Le fun commence…

Bien sûr, en considérant l’ambigüité sexuelle mise de l’avant par le personnage central de la formation, disons que rien n’était donné d’avance : « Je suis sûr qu’à plusieurs reprises, ils ne savaient juste pas quoi me dire. J’ai tout entendu : manque d’énergie (?!!), impossible de mettre en marché, etc. Puis vint la rencontre avec son gérant Didier Morisseauno et, après trois ans de recherches, l’accueil à Spectra : « Je suis arrivé à la première rencontre avec les griffes sorties. J’étais exaspéré de me faire dire que je chantais du nez ou que j’avais trop l’air d’une fille… Et puis ça s’est tellement bien déroulé que j’avais de la difficulté à le croire. Ils ont écouté le démo et m’ont dit : ‘on achète’, je suis tombé à terre. »

La vie en brute

Les six années entre les deux projets ne se sont évidemment pas déroulées dans l’ombre, loin de là. Figure de proue du nightlife montréalais, c’est donc entre des soirées à performer dans les clubs ou encore à y déployer ses talents de DJ que l’homme de scène s’est immiscé dans le line-up permanent du supergroupe les Porn Flakes. Une union à priori relativement improbable : « ç’a été pour moi une école hallucinante. On s’entend qu’Éric Lapointe ou Lulu Hugues et moi, ce n’est pas un mariage évident. Mais quand tu les vois aller sur une scène comme ils le font – pratiquement sans répétition – c’est de la grande leçon de métier. Ils tiennent leur monde jusqu’à la toute fin. Et c’est là que j’ai appris à placer ma voix, à chanter plutôt que de crier. » Là en s’aidant de cinq années de cours de chant, devons-nous préciser : « Que ce soit de l’opéra, du reggae, du rap ou de l’hardcore, ça reste le même muscle. J’ai donc pris des cours où je chantais des classiques italiens ! »

Une formation dont il a senti tout le coffre acquis pour la première fois en compagnie d’une idole d’enfance avec qui il a partagé la scène, Cyndi Lauper : « C’était lors de son passage au Metropolis il y a quelques années, un journaliste montréalais lui avait dit que One976 avait repris « She bop » et elle a voulu la faire en duo avec moi. C’était un des plus grands moments de ma vie. En plus de quoi elle a voulu faire « La vie en rose » en duo où elle m’a laissé toute la place sur scène. J’hallucinais carrément! »

Un intermède qui débouche ici, maintenant, sur les Brutes : « C’est avant tout du rock qui punch. Je mise beaucoup sur les petites chansons coup-de-poing. C’était déjà installé avec One-976 mais, cette fois-ci, on a des vraies tounes – elles sont vraiment meilleures. Au total, on a dû travailler quelque soixante-quinze chansons pour en arriver aux onze pièces de l’album. » Un travail de moine – en g-string.

Aussi, le visuel étant pratiquement le catalyseur de toute la démarche, un clip officiel vient de bondir sur les écrans pour la pièce « Chez Candi ». Un concept de faux talk-show japonais où performe le groupe précédé d’une entrevue un brin surréaliste avec un animateur complètement dépassé par l’individu (Patrik) à qui il doit s’adresser : « L’idée est venue du festival Mode Et Design où j’ai performé l’été dernier. Après le show, j’ai eu une espèce de marre de Japonais qui prenaient des photos de moi avec des caméras miniatures. C’était un peu twilight zone. En fouillant, j’ai retrouvé des clips de « Star Of The Week », une émission japonaise des années 80 qui accueillait Motley Crue ou Cinderella qui avaient carrément l’air de bibittes dans un studio de carton. On a voulu s’amuser avec. »

Album en magasin le 10 novembre. Lancement à la SAT, le 19 novembre.

myspace.com/patriketlesbrutes

Photo: Étienne Dicaire

PRIESTESS – Prior to The Fire

Posted in Articles 2009, Critiques Disques avec des tags , on 1 novembre 2009 by stefanecampbell

Cover_PRIESTESS

PRIESTESS – Prior To The Fire

Indica Records/Red Ink

Quatre années auront été nécessaires avant d’enfin pouvoir se mettre en bouche le successeur de Hello Master qui a catapulté le groupe bien de chez nous dans l’arène des grands. Entre des pièces qui se retrouvent tantôt sur les grandes chaînes américaines, tantôt au cinéma, si ce n’est dans ton Guitar Hero. En plus d’avoir partagé la scène avec Motley Crue, Megadeth et Mastodon pour ne nommer que ceux-ci. Voici donc que nous arrive la suite des choses. À priori, les onze pièces réunies sur Prior To The Fire ne déstabiliseront pas les fans de la première heure. D’autant plus que la plupart d’entre elles ont été entendues au cours des deux dernières années lors des prestations live du groupe. Qu’à cela ne tienne, en optant pour une approche directe et décomplexée sur le plan de la réalisation – merci Dave Shiffman (Johnny Cash, NIN, Mars Volta) – on nous catapulte des riffs gros comme ça qui nous rappellent toute la puissance de frappe dont le groupe sait faire preuve. Rien de bien complexe sur le plan technique – loin des prouesses soûlantes trop souvent mises de l’avant par certains confrères – mais une justesse de ton soutenue par des mélodies et une touche juste assez thrash qui résulte en un ensemble compact, dense et cohérent au possible. Définitivement, l’attente en aura ici valu la chandelle. Welcome back ! 4/5

FOR THOSE ABOUT TO LOVE: Gorgées D’Amour

Posted in Articles 2009, Entrevues on 29 octobre 2009 by stefanecampbell

For Those About To Love : gorgées d'amour

Réunissez trois ex-Dears, ajoutez-y le groove d’un Plaster et d’un Afrodizz ou encore les lignes de guitares toutes cristallines qui caractérisent la musique de Dumas; qu’est-ce que vous obtenez? Apparemment beaucoup d’amour. En effet, avec For Those About To Love, Martin Pelland et ses nouveaux complices renouent avec une pop indé et orchestrale à souhait, des mélodies qui ne vous laissent plus après une écoute et… Un premier album disponible sur support numérique ou vinyle. Non, pas de CD. Rencontre.

Tassons les présomptions de suite : le nom renvoie à AC/DC? « Deux choses », nous répond un Pelland clairement amusé par la question, « J’aurais voulu appeler mon groupe LOVE qui a toujours été, à mon avis, un des plus beaux noms de band. Et je disais toujours aux autres que je voulais que le mot ‘love’ s’y retrouve. » Du coup, c’est le technicien de studio – et pote de la formation en plus d’être fan de AC/DC – qui leur a signalé que la musique ne faisait pas exactement dans la dentelle. Puis à bout d’essais qui ne font pas l’unanimité s’ils ne sont déjà pris, Georges Donoso III, batteur de FTATL, envoie un message texte à Pelland : « Il est trois heures du mat’, je reçois “For Those About To Love” et je savais qu’on l’avait. […] Le nom représente vraiment tout le chemin parcouru pour arriver là où nous en sommes aujourd’hui. »

Ce sur quoi, Pelland se voit quasi-submergé par l’émotion, avant de reprendre : « Je ne l’ai jamais dit encore, mais sur le plan personnel, j’avais un besoin à ce moment-là de sentir qu’il y avait vraiment de l’amour autour du projet. J’ai joué avec The Dears pendant huit ans et, à un certain moment, ça devient comme un vieux couple… et au sortir de l’expérience, j’avais juste envie que ce soit beau, que ce soit simple. Comme je ne pensais pas faire un band de tout ça, le besoin premier était vraiment de sentir que les gens avec qui je travaille arrivent à propager un environnement harmonieux. »

Un bref silence ponctue le discours – lourd de non-dits. Et le musicien conclut : «J’avais vraiment besoin de sentir une chimie et une harmonie entre nous. »

Projet BETA

Neuf années que ça aura pris depuis les premières esquisses studio de Pelland et l’album qui paraît ces jours-ci. C’est tout d’abord sous l’insistance d’un collègue qui voulait entendre les compos du musicien qu’il a finalement couché quelques essais sur pistes il y a trois ans de cela. C’est qu’entre les horaires de tournées des Dears et les enregistrements de projets à titre de réalisateur (comme Le Compte complet de Malajube), tout se passe sur les chapeaux de roues. Ainsi, voilà que nous arrive aujourd’hui la résultante du tumulte : « C’est très drôle parce que le premier album a été complété il y a un an. On a fini par enlever la moitié des trucs dessus. C’est un peu comme si on avait fait un EP qui n’est jamais sorti. On a voulu prendre le temps de l’écouter beaucoup avant de la sortir. Ça nous a permis un certain recul et la possibilité d’enlever des trucs qui nous tapaient finalement sur les nerfs. » Le temps de laisser la proposition s’installer d’elle-même.

Aussi, faut-il préciser que l’album verra le jour sous la forme un peu abstraite du numérique. Si ce n’est du support vinyle en tirage limité. Et n’allez pas croire qu’on parle ici d’une carte de téléchargement, loin de là. En fait, le groupe invite les gens à apporter leur iPod au concert où il sera possible d’y télécharger l’album à partir d’un disque dur à la table de marchandise, « en 32 secondes bien comptées », ajoute fièrement le musicien.

Pelland : «À un moment donné aussi, tu achètes un CD, tu l’enregistres sur iTunes et tu ne réutilises plus le CD par la suite. C’est du gaspillage de papier, d’espace. Les magasins de musique ont de moins en moins d’espace, ça se bat avec les distributeurs. On a tout simplement voulu inverser le système connu : de vendre le format numérique en invitant les gens à se faire un CD s’ils le veulent. […] c’est une économie au niveau spatial, au niveau environnemental, a niveau des frais, bref, ça n’a semblé que logique au terme d’une certaine réflexion d’opérer de cette façon-là. Cela dit, je ne suis pas contre l’idée, éventuellement, de sortir un tirage CD, si la demande se fait sentir. »

« Et le label ne savait pas trop quoi en faire au départ, mais ils ont accepté la proposition et nous ont laissé toute la latitude nécessaire, ce qui est très agréable de leur part. Du coup, je tenais à ce qu’il y ait le format vinyle, pour les amateurs et parce que la qualité sonore retrouvée sur vinyle est impossible à retrouver en numérique. »

Mélodie de cœur

Si l’on s’aventure à sommer le son qui découle de l’aventure, Pelland parle d’un sentiment très pulsionnel, de consonances qui renvoient aux voies classiques. Et d’un désir de retourner à la mélodie – dans toute sa splendeur : « À la base, c’est ce qu’on recherchait le plus. Parce que je trouve quand dans l’indé des dernières années, il y a eu une émergence d’originalité surtout sur le plan du son. On expérimente beaucoup de ce côté-là – mais on oublie aussi souvent de construire de bonnes mélodies. Et je me suis un peu tanné de ça. C’est le fun le trip de geek qui hallucine sur le traitement du drum ou telle technique de mixage, mais reste que ce qui m’accroche avant tout, c’est une bonne mélodie. Et c’est ça que j’ai voulu faire avec FTATL. »

« On essaie de s’imposer le moins de contraintes possible : le but ultime, c’est d’avoir du plaisir. C’est d’ailleurs pourquoi on s’amuse à changer d’instrument d’une pièce à l’autre. On fait tout ensemble jusqu’à ce que nous soyons tous heureux du résultat, sans exception. » Décidément, de cœur et de rock.

Lancement  le 27 octobre à La Sala Rossa.

myspace.com/forthoseabouttolove

Photo: Valérie Jodoin-Keaton (concept) et Marieve Petit (photographe)

XAVIER CAFÉINE : MAL ÉDUQUÉ MON SAMOURAI

Posted in Articles 2009, Entrevues on 19 octobre 2009 by stefanecampbell

Xavier - DrMartin

XAVIER CAFÉINE : MAL ÉDUQUÉ MON SAMOURAI

Stéfane Campbell

SKUNK, novembre 2009

Difficile de le nier, l’existence de Xavier Caféine se raconte en deux grands tomes : l’avant et l’après-Gisèle. En 2006, à la sortie dudit album – son « testament musical » selon ses propres dires – rien ne le destinait pourtant au succès qu’on lui connaît aujourd’hui. En effet, celui qui roulait sa bosse tant bien que mal depuis 1997 tantôt au sein du groupe Caféine (et ses Bodums – à une certaine époque), tantôt auprès de Poxy dans la langue de Shakespeare, croyait ferme qu’il signait là son hiatus définitif du monde musical et se recyclait dans le milieu de la déficience intellectuelle. Mais voilà, Gisèle s’est faufilé dans les circuits alternatifs comme une traînée de poudre, puis les réseaux commerciaux ont flairé la bonne affaire, le tout culminant sur le plateau de Tout le monde en parle de même qu’en ouverture du Gala de L’Adisq avec les retombées que l’on peut s’imaginer. And the rest is history comme le veut l’adage.

Du coup, Caféine – le premier surpris de la tournure des événements – saisit l’occasion qu’il n’attendait plus et trimballe son Gisèle aux quatre coins de la province durant près de deux années pratiquement sans répit. De quoi s’étourdir un brin. Et ce n’est donc que l’an dernier que l’auteur-compositeur-interprète a pu se recueillir pour réfléchir et plancher sur ce que serait la suite des choses : « C’est toujours de se rendre de point A à point B. D’approfondir la musique, la rendre plus fine, plus sensible. Il n’y a pas de virage à 180 degrés, c’est tout simplement de continuer d’avancer. Et je pense que c’est la seule façon de bien faire les choses. […] De se mettre à défi aussi, d’organiser tout ce bordel là parce qu’au départ, quand on commence à jammer, c’est un beau gros bordel. On simule une organisation sur album alors qu’en réalité, c’est un bordel de mots, de notes, d’intentions et de mélodies ». Ainsi, c’est tout de même plus décidé que jamais à poursuivre la conquête musicale enclenchée par son prédécesseur qu’il nous revient donc avec un coup de sabre en pleine gueule appelé Bushido.


Déjouer le code

Fidèle aux références asiatiques qui sont maintenant partie prenante de sa signature (l’homme est un féru d’arts martiaux), le titre renvoie au code de principes moraux tenu d’être observé par les samouraïs japonais. Textuellement, on parle de « la voie du guerrier » – de « bu » qui signifie l’ensemble des techniques martiales, « shi » (guerrier) et “do” (la voie). Voilà pour la leçon de langue.

Qu’en est-il de sa place à travers l’univers de Xavier Caféine ? « En fait, ma position reste forcément très occidentale. Le Bushido, c’est l’emblème du guerrier vaillant et droit. Alors que je me considère plus comme un Don Quichotte. » Mentionnons que le code en question a aussi servi de base spirituelle aux kamikazes pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce qui entraîna plusieurs arts martiaux enracinés dans le bushido à être férocement interdits par les américains durant l’occupation d’après-guerre. Ce qui pourrait fort probablement faire sourire notre don quichotte.

Caféine : «  Je me vois plus comme quelqu’un qui combat des moulins. Et c’est une observation que je fais à partir de mon environnement. Je me verrais mal commencer à juger le Moyen-Orient alors que je suis bel et bien ici, maintenant. Au fond, je me juge moi-même – dans le monde. Ce n’est pas tant un jugement qu’une observation, un portrait. C’est une autocritique. En même temps, je ne propose pas de grande réponse dans tout cela, les réponses sont beaucoup plus dans l’action qu’autre chose. On dit You’re Only as good as your actions en anglais: ça s’inscrit beaucoup plus dans ma vision des choses. Évoluer dans l’action, ne pas rester le petit con que je peux être. »

Une esthétique donc mais une porte d’entrée dans un questionnement, au final, tout simplement humain : « J’essaie d’aborder des questions qui touchent à l’universel, la question de Dieu, ça touche tout le monde. Et même les athées, les agnostiques; qui peut réellement prétendre ne pas se poser de questions sur le sujet?.. Il y a un questionnement. Si Dieu est mort, il y a un cadavre. »

Ne vous y méprenez pas, les fantômes occidentaux sont bel et bien ceux qui nourrissent avant tout les angoisses et réflexions du principal intéressé. Et ce, bien que plusieurs lui aient prêté des intentions contraires : « Je me suis fait accuser d’être anti-américain, ce qui n’est pas du tout le cas. La plupart de mes héros sont américains. L’Amérique en général mais les États-Unis plus particulièrement. C’est un terreau fertile en termes de réflexion et où se trouvent les plus grands débiles aux côtés des plus grands intellectuels. C’est le chaos total et le chaos, c’est la vie. Et en ce sens, c’est peut-être un des endroits qui représente le mieux l’état du monde tel qu’il est. Et même qu’on vit tellement sur le modèle états-unien ici au Québec que c’en est même surprenant à la limite qu’on soit encore capable d’avoir un sentiment d’identité aussi marqué. » .

Musique de faille

Avec des titres tels « Vive la mort », « Les bons et les méchants » ou encore « Darwin au Vatican », l’artiste creuse toujours dans les failles humaines – en exposant toute ses dualités, sa splendeur et  ses atrocités. Mais pourquoi tenir mordicus à aborder des sujets aussi lourds sur une formule en trois-minutes-trente-refrain-couplet-refrain? « C’est des sujets qui viennent me secouer dans ma propre existence. C’est souvent des trucs qui vont être récurrents. […] Et je viens d’une famille où on parle beaucoup, où le moment du souper était un moment consacré à la conversation. C’est long et c’est très important. Le plaisir de discuter, d’avoir des sujets qui nous gardent éveillés, qui provoquent la réflexion. Et je pense sincèrement que mon besoin d’extérioriser des trucs à travers mes chansons provient directement de là. C’est tout ce qui me tracasse dans la vie. » Apparemment ici, du familial au social, il n’y a qu’une chanson. Ce sur quoi il ajoute : « J’y vais une pièce à la fois mais inévitablement il va y avoir des liens qui vont se créer par la force des choses. Que je le veuille ou non, je parle de trucs qui me touchent – ou du moins, que je connais. »

N’allez surtout pas penser pour autant que le musicien s’amuse à lancer des opinions à droite et gauche sur tout et rien. Ce sur quoi il tient à préciser : « On entend beaucoup trop souvent des personnalités publiques se prononcer sur à peu près tout. Comme si parce que tu es comédien ou chanteur, tu as forcément une opinion valable sur tout. Ça fait qu’on parle de tout en restant la plupart du temps bien en surface. […] Disons que j’aime mieux creuser un filon plus en profondeur, le tourner dans tous les sens. Le comprendre et bien le maîtriser avant de l’amener sur la place publique. »

En clair, il a appris à mesurer son verbe : « J’essaie d’être concis dans mon propos et de m’en tenir à ce que je crois bien connaître. Si je n’ai pas d’opinion ferme sur la peine de mort, je n’écrirai tout simplement pas une toune là-dessus, un point c’est tout. » Voilà qui est bien dit.

En conclusion, nous ne pouvons omettre de se souvenir d’une époque où l’artiste semblait plus ou moins friand à l’idée de se soumettre à l’exercice promotionnel et/ou médiatique du métier. Ce sur quoi il nous rabroue très vite : « Ce n’est pas que je n’étais pas friand en fait, c’est plus eux qui ne m’invitait pas. » Soit, mais disons qu’il pouvait donner du fil à retordre à qui risquait l’entretien. Ce qui, soyons-clair, est loin d’être le cas aujourd’hui. À notre grand bonheur.

Caféine voit plutôt l’élément médiatique avec philosophie : « J’ai toujours cru que pour être conséquent avec mon discours et ma façon de faire de la musique, je devais aller dans la cour des grands. Ça devient facile à un certain moment de dire que les gros médias ne veulent rien savoir de nous mais il faut foncer, voire défoncer la porte parfois, et à un moment donné, ils t’écoutent. » vision tout ce qu’il y a de louable au final. Puis le côté grinçant refait surface : « Si La Fureur t’invite, tu y va et tu leur fait ta toune : ça leur en crisse une dins’dents. Tu le fais avec respect bien sûr mais tu le fais quand même. »

Conséquent à son propos, Xavier Caféine aura toujours cette part d’enfant terrible qui l’a vu naître sur la scène musicale il y a plus d’une décennie. Sympathique, futé, voire spirituel, mais toujours… Mal éduqué mon amour.

Bushido en vente partout

En spectacle:

Le  29 ocotobre @ Club Soda, Montréal

Le 30 ocotobre @ Thèâtre Petit Champlain, Québec

www.xaviercafeine.com

photo: Docteur Martin

POLIPE – Tropiques du Cancer

Posted in Articles 2009, Critiques Disques on 15 octobre 2009 by stefanecampbell

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POLIPE – Tropiques du Cancer

La Confiserie

Donnant enfin suite au premier EP paru en 2007, Le power-trio de Saint-Antoine-de-Tilly nous arrive avec un premier opus complet. D’emblée, soyons francs, nous avons un penchant favorable pour leur pop éclatée et amphétaminée qui renvoie, oui, aux influences progressives des jeunes hommes mais aussi au funk, au rock et à peu près tout ce qui s’est fait du côté britannique à partir des Beatles. Bref, ça va dans tous les sens et ça met le feu aux poudres. Et l’attente aura été payante? Le groupe approfondit le filon pluri-rétro mis de l’avant par son prédécesseur à notre grand bonheur. Et sur des morceaux comme « La peine en vaut le coup » ou « Faire rire tes larmes sans nourrir tes vers », les textes dadaïstes que l’on couche sur le mur de son donne une saveur ludique à la trame plus lourde qui la soutient. Et fait mouche. Bien sûr, une mention spéciale va aux harmonies vocales mises au premier plan et contribuent pour beaucoup à asseoir l’enviable réputation du groupe. D’autant plus que les trois voix, bien hautes perchées, sont aujourd’hui exploitées et se relancent comme autant de crescendos et canons en évitant toujours la fausse note. Une formation qui mérite de faire du bruit. 3/5

WE ARE WOLVES : ENTRE RUSE ET INSTINCT

Posted in Articles 2009, Entrevues on 12 octobre 2009 by stefanecampbell

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WE ARE WOLVES : Entre ruse et instinct

Stéfane Campbell

SKUNK, novembre 2009

Bouclant dix années de complicité musicale par un troisième opus chaudement attendu, We Are Wolves affine une fois de plus sa proposition et se tourne du côté pop des choses. Des constructions bien ficelées et portées par des mélodies sur lesquelles les racines résolument rock du groupe font un bond à l’avant-plan. Du coup, nous assure Vincent Lévesques, responsable des synthés et de la boîte à rythmes, Invisible Violence se veut leur album le plus électro à ce jour : « C’est le mixage qui est plus rock ». Dichotomie, quand tu nous tiens.

À la sortie du premier gravé, Non Stop Je Te Plie En Deux en 2005, les loups surfaient – probablement malgré eux – sur la vague électro-clash qui faisait alors rage. Une étiquette à priori jamais reniée sans toutefois qu’ils s’en réclament haut et fort. Qu’à cela ne tienne, Total Magique confirmait deux ans plus tard que le trio possédait tout le coffre nécessaire à la confection de ce qu’ils décrivent comme « un paysage post-punk avec des arbres analogues. Comme le rock après l’explosion postmoderne. » Et voilà que Invisible Violence vient en ajouter une couche. Mais parlons-nous vraiment de pop? Lévesques nous ramène sur le droit chemin : « Il faut faire attention, on a une définition très personnelle et probablement bien en marge des définitions commerciales du terme. » À l’écoute, disons que le canevas peut s’y rapporter mais qu’au final – Dieu merci! – on ne perd jamais les loups de vue. « Des mélodies accrocheuses, simples et efficaces » : voilà tout.

Visiblement fier de la résultante, le musicien dénote un solide bout de chemin de fait depuis son prédécesseur en 2007 : « Le groupe prend de l’expérience en termes de compositions et de qualités techniques. Les influences sont plus aptes à ressortir. Je trouve d’ailleurs qu’on sent plus que jamais les influences krautrock. »

Mis sur pistes dans les mythiques studios analogues de hotel2tango (Aracade fire, Godspeed You! Black Emperor) sous les bons soins de Radwan Moumneh (Pas Chic Chic), les loups ont, cette fois-ci, opté pour un processus plus ‘standard’, se gardant de jouer les pièces en live avant d’enregistrer, comme à l’habitude. Ce qui bouleverse un tant soit peu les habitudes prises jusqu’ici : « c’est bien de se retrouver entre nous, un peu isolés du monde avec nos tounes. Et puis, on connaissait Radwan pour avoir travailler avec lui lors de nos premiers concerts à la Casa Del Popolo à l’époque, alors l’ambiance était vraiment très conviviale. Et c’est un gars brillant qui a une oreille très raffinée »

Mais voilà que la période d’incubation prend fin. Rencontré la journée même de la sortie, Lévesques avait hâte d’enfin voir l’objet final et ce, bien que le jeune homme affiche un détachement quelque peu surprenant quant au concept même d’album : « L’objet n’est pas si important que ça : le processus pour y arriver l’est beaucoup plus. […] Ça fait du bien dans l’optique où il ne nous appartient plus. À un certain moment, j’ai l’impression qu’on a un secret qu’on garde juste pour nous… Disons qu’on pourra enfin en parler ouvertement.»

Invisible Violence (Dare To Care Records), en magasin partout

Spectacle-lancement de l’album, 15-16 octobre @ Le National

Photo: Alexander Ortiz

POLIPE: CASSER LA VOIX

Posted in Articles 2009, Entrevues on 12 octobre 2009 by stefanecampbell

POLIPE : Casser la voix

Stéfane Campbell

Souvent taxée de nostalgique dû à ses inclinaisons progressives, la pop amphétaminée de Polipe en est pourtant une qui est bien de son temps. Avec un premier album complet sous le bras – Trtopiques du Cancer, disponible le 13 octobre – et prêt à émerger après quelques mois de silence, le trio de Saint-Antoine-de-Tilly n’a rien perdu de la fougue qui les caractérise sur scène et bonifié d’une trame plus éclatée que jamais. « Idéalement, je crois qu’on cherche à créer quelque chose d’intemporel. À la base, c’est des harmonies, une ligne vocale marquée, une pop qui va dans tous les sens. »

Effectivement, ce qui frappe d’emblée à l’écoute de la proposition du groupe demeure les vocalises mises au premier plan et qui portent généralement la mélodie à bout de bras : « Ça prend beaucoup de place. Sur quatre heures de pratiques, on fait au moins deux heures acoustiques pour pratiquer les harmonies vocales. » Et bien que jadis, le groupe s’en remettait jusqu’ici aux élans vocaux de Antoine Tardif pour l’essentiel du travail, voilà qu’on départage aujourd’hui la tâche plus librement : « Quand on a fait les Francouvertes (où ils atteignirent les semi-finales de l’édition 2008), les spectateurs nous donnaient leurs commentaires et c’est quelque chose qui revenait constamment : d’exploiter les autres voix en lead. On avait déjà en tête de la faire mais ça a confirmé nos doutes », répond Tardif, tout en précisant que les vocalises sont au service de la pièce et non l’inverse : « Ce sont les chansons qui en bénéficient au final. »

Une démarche qui semble reposer beaucoup plus sur l’instinct du musicien qu’un calcul avancé : « Il s’agit vraiment de poser les paroles, de sentir que j’ai la gorge bien déployée quand je les chante. Ça peut dépendre du texte, si je ne me sens pas à l’aise à chanter telles ou telles paroles, ça paraît tout de suite. »

Et les foutues références aux années 70, est-ce que ça finit par peser lourd? « C’est certain que j’en écoute beaucoup mais je veux avant tout que ça sonne récent. Et puis les références à Genesis n’ont tout simplement pas rapport, je n’y vois rien de commun avec ce que l’on fait. Je considère qu’on est très modernes, on écoute autant Michael Jackson, les Flaming Lips, Fleet Foxes et Malajube que les Beatles. C’est un peu le résultat de tout ça » Une musique à la croisée des époques qui a tout de même le souci d’accrocher l’auditeur. « C’est certain qu’on essaie de ne pas perdre l’auditeur – au même titre qu’on veut faire de la pop sans compromis. J’aime les gros hits à la « Purple Haze », « Roxanne » ou « Billie Jean », je voudrais arriver à quelque chose de gros comme ça. Mais ce n’est pas comme si c’était quelque chose qu’on pouvait calculer.

Un résultat sur album qui se sera d’ailleurs fait attendre un tant soit peu, quelques deux années suivant la parution du premier et unique EP. « Disons que c’est parce qu’on remet à demain ce qu’on pourrait faire aujourd’hui », lance-t-il à la blague. Mais plus sérieusement, le manque de financement et, bien sûr, le souci de bien faire les choses auront eu le dessus sur le quelconque désir à sortir un album à tout prix sans être heureux du résultat – « sans être certain que les voix allaient être comme nous le voulions. »

Reconnu pour ses prestations enflammées sur les planches, le groupe a ainsi opté pour la forte tendance actuelle à opter pour les premières prises en studio et enregistrées live. Sans overdub, sans métronome. C’est donc après des heures et des heures de pratique qu’ils ont finalement couché le tout sur maquette. Sur lesdites heures de pratique, Tardif nous assure : «Je trippe autant à jouer ça acoustique dans un champ, ce que je fais souvent. C’est vraiment l’idéal pour pratiquer mon chant. Et les voisins sont tous avertis… »

13 Octobre LANCEMENT DE L’ALBUM TROPIQUES DU CANCER, LE LION D’OR, MONTREAL

16 Octobre LANCEMENT DE L’ALBUM TROPIQUES DU CANCER, LE CERCLE (avec NAVET CONFIT), QUÉBEC

12 Novembre DIVAN ORANGE avec DAVE MARTELL, MONTREAL

18 Novembre TÉLÉPHONE ROUGE avec ROYAUME DES MORTS, SHERBROOKE, Quebec

Photo: Josee Lecompte

FRED FORTIN – Plastrer La Lune

Posted in Articles 2009, Critiques Disques on 10 octobre 2009 by stefanecampbell

Plastrer_la_lune

FRED FORTIN – Plastrer La Lune

C4/DEP

Après Planter le Décor paru il y a déjà cinq ans (et s’être fait amocher « Moisi moé si » tout l’été), Fred Fortin rapplique – à bout d’attentes – avec onze nouvelles pièces comme autant de vignettes qui ramènent à l’avant-plan l’imaginaire foisonnant de l’artiste. Ici encore une fois, l’homme s’entoure d’une panoplie de personnages aussi colorés (la sublime « Madame Rose » qui liquide son mari) que paumés (la fille du « Dollorama ») mais tous plus attachants les uns que les autres. Sur le plan musical, Fortin renoue avec les éléments folks et blues du temps des premières années en conservant tout de même certains détails plus atmosphériques qui contaminaient son précédent décor. En soi, le retour au son sans chichi, ni dentelle nous réjouit. Cela dit, et bien que l’honnêteté de la démarche ne puisse qu’être applaudie, l’exercice ne sort pas de la zone de confort que l’auteur-compositeur-interprète s’est construite. Bien sûr, on aime Fred Fortin pour ce qu’il est mais sur des titres comme « Mumu » qui repique au côté corrosif de Gros Méné, on se dit qu’on pourrait facilement en prendre plus. Mais bon, on prend ce qu’on nous donne (au compte-goutte) et on dit merci. 3.5/5