The Dirty Tricks: Rock De Fond
The Dirty Tricks refait enfin surface après deux années un peu trop silencieuses. Tout ceci suit bien sûr leur album Sauve qui peut! Sorti en 2007 (précédé de deux EPs) et qui a connu les accolades tant du public que de la critique. C’est donc en propulsant son tout nouveau Double Vision, à paraître début mars, que le groupe s’apprête à rouler son rock de façon toujours aussi robuste, rappelant sans ambages les racines punk qui l’ont formé, mais en raffinant tout de même la proposition qui devient plus sombre que jamais. Comme en témoigne d’ailleurs le superbe emballage du produit : un vinyle de deux titres dont une facette est peinte par un artiste montréalais. Très artsy, très D.I.Y. : punk un jour…
Et sur le fond, la trame se fait tout aussi conséquente : « Je pense que ça continue dans la lignée punk de nos débuts, par contre, il y a quelque chose de plus mature, ce n’est pas plus compliqué, mais c’est plus dur, plus sombre. C’est définitivement un rock plus actuel… les claviers sont beaucoup moins raw, les sons sont plus travaillés, plus mis de l’avant. Et dans l’ensemble, c’est plus aéré, la voix bouge beaucoup. En show, c’est ben plus le fun à chanter, et à jouer. Je ne suis pas à bout de souffle à la moitié du concert. On est vraiment satisfaits de ces tounes-là. » s’emballe Jonathan Beauregard, auteur et principal compositeur de la formation.
De « ces tounes-là », on parle en fait de deux pièces sur le vinyle susmentionné – bonifié d’une carte de téléchargement de quatre pièces enregistrées live en studio. Assez pour faire rechigner quelques-uns des mélomanes qui se gavent à coups d’albums. Ce qui s’explique par des motifs tant esthétiques – « On aimait vraiment l’idée du vinyle à un côté. Il n’y aura pas de rainures sur la face B, ce sera du artwork, ça fait un très bel objet » – que pratiques – « On n’a pas l’ambition de take over the world. C’est plus un band qui se rejoint pour prendre une bière et jammer… quand nos horaires le permettent. »
Small is beautiful…
Cela dit, pour un groupe qui ne se prend pas trop la tête, on peut dire que les échos se sont assez vite fait sentir. Entre des tournées à travers le Canada et aux Etats-Unis, des premières parties notoires (Against Me!) et quelques titres qui rebondissent sur le petit écran (M+, Razor, ABC), disons qu’on a vu des retombées plus discrètes : « Cest sûr que si on a une opportunité de festival ou de tournée, on ne dit jamais non. Mais on a été sollicités par de plus grosses maisons de disques et on a décidé, d’un commun accord, qu’on préférait continuer de faire notre truc de façon indépendante. Faire des shows, remplir nos petites salles, partir en tournée, tout ça sans le poids d’un gros contrat. On a tous nos trucs à côté, personne n’est musicien de métier dans le groupe. De cette façon-là, on garde le plein contrôle et on a du fun à le faire. »
Double Vision donc pour un double lancement (oh! Le concept!) à L’Esco (« on voulait retourner à la source, on a fait beaucoup de shows là-bas et ça vire toujours en party » : avis aux intéressés) les 21 et 22 mai prochain.

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